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Présentation de LVDV

 

C'est à Jean-Jacques Rousseau que nous pensons alors qu'il nous faut présenter La Vie Des Verbes. Nous pensons au philosophe certes, au moraliste, à l'encyclopédiste, mais surtout peut-être au collectionneur passionné de plantes, qu'il ramassait bien sûr dans ces hautes Alpes désolées où l'avait conduit l'exil, en Savoie, autour de Lyon, et même, comme cela lui est arrivé une fois, aux pieds des Pyrénées. Rousseau revenait fourbu de ces marches, sa mère lui préparait des breuvages pour le requinquer, puis il se remettait au travail : sécher soigneusement les espèces collectées, serrer les meilleurs échantillons dans un herbier, classer les graines, établir une nomenclature précise.

Le philosophe recevait aussi des paquets de France, ou d'Angleterre. Ces derniers lui étaient surtout adressés par une disciple de Linné, la duchesse de Portland, qui dès 1766 avait initié Rousseau à l'art naissant de la botanique. L'hôte de Genève recevait même des exemplaires du Surinam, ce qui élargissait encore sa collection dans sa frange exotique. Il se plaignait souvent que ces précieux spécimens aient été prématurément dévorés par les rats.

La Vie Des Verbes n'envisage pas autre chose que cette sorte de collection : cueillir, investir les verbes, puis les classer, les nommer. En un mot, vherboriser, recenser ce qui fait le meilleur de nos phrases et de nos actes. Le substantif désigne, circonscrit; l'adjectif colore, quantifie, distribue; l'adverbe ajuste, précise; le pronom se substitue; la préposition et la conjonction articulent, structurent. Le verbe quant à lui règle le geste, mobile ou immobile, enregistre le vivant de nos vies.

LVDV

 

 

Denis C. Meyer