André Malraux
représente dans la littérature française l’exemple-type,
avec Jean-Paul Sartre (1905-1980), de l’écrivain engagé.
Ce type d’écrivain a choisi d’écrire son temps, mais plus
que Balzac,
qu’il l’a avant tout décrit, l’écrivain engagé veut s’impliquer dans son époque, pour qu’en dérive
une action, et peut-être un changement. Dans ses romans, André
Malraux ne cesse d’affirmer l’homme, contre le risque permanent de sa
négation.
Au cours des années
20, Malraux voyage à deux reprises en Asie du Sud-Est, d’abord
comme explorateur des temples khmers en Indochine, la seconde fois comme
journaliste politique. Ces séjours lui inspireront La Tentation
de l’Occident (1926), une fresque-fiction réfléchissant
sur la crise des civilisations entraînée par la colonisation
et La Voie Royale (1930), centré autour de ses fouilles
archéologiques. Malraux voyage également en Chine, où
il participe en 1925 au mouvement révolutionnaire du Kuomintang
dans la région de Canton, une expérience qu’il relate
dans Les Conquérants (1928). Il publie ensuite La Condition
humaine (1933), qui retrace les événements révolutionnaires
de Shanghai en 1927, Le Temps du mépris (1936) qui rapporte
et dénonce la montée du nazisme en Allemagne, L’Espoir (1937). un reportage romancé sur la guerre civile espagnole et
à nouveau, la menace du fascisme.
Les romans de Malraux
ont tous un objectif commun : inscrire l’homme en action, y compris
dans ses échecs, pour qu’il échappe à l’absurdité
de l’existence. Les causes pour lesquelles luttent les héros
de Malraux sont plus un moyen qu’une fin en soi, car ces causes tirent
l’homme du néant. En l’absence de Dieu, seule l’action peut constituer
une réponse à ce qui menace la vie : la faiblesse, la
souffrance et la mort. Parmi la violence historique généralisée,
dont la colonisation est largement responsable, l’action fait retrouver
une signification à l’existence et une dignité à
l’homme. "Le roman moderne est, à mes yeux, un moyen d’expression
privilégié du tragique de l’homme, non une élucidation
de l’individu."
Pendant
la seconde guerre mondiale, Malraux est blessé deux fois, interné
deux fois, parvenant à s’évader, il participe à
la Résistance puis commande une brigade militaire à la
Libération. Il est nommé ministre au premier gouvernement
de 1945 à 1946, période où il rencontre le général
de Gaulle, dont il sera le ministre de la Culture de 1958 à 1969.
Les écrits de Malraux de l’après-guerre sont surtout consacrés
à l’art et à sa signification dans l’évolution
des cultures.