André
Malraux
(1901-1976)

 

Histoire - 20e

 

 

Littérature et action

André Malraux représente dans la littérature française l'exemple-type, avec Jean-Paul Sartre (1905-1980), de l'écrivain engagé. Ce type d'écrivain a choisi d'écrire son temps, mais plus que Balzac, qu'il l'a avant tout décrit, l'écrivain engagé veut s'impliquer dans son époque, pour qu'en dérive une action, et peut-être un changement. Dans ses romans, André Malraux ne cesse d'affirmer l'homme, contre le risque permanent de sa négation.

Au cours des années 20, Malraux voyage à deux reprises en Asie du Sud-Est, d'abord comme explorateur des temples khmers en Indochine, la seconde fois comme journaliste politique. Ces séjours lui inspireront La Tentation de l'Occident (1926), une fresque-fiction réfléchissant sur la crise des civilisations entraînée par la colonisation et La Voie Royale (1930), centré autour de ses fouilles archéologiques. Malraux voyage également en Chine, où il participe en 1925 au mouvement révolutionnaire du Kuomintang dans la région de Canton, une expérience qu'il relate dans Les Conquérants (1928). Il publie ensuite La Condition humaine (1933), qui retrace les événements révolutionnaires de Shanghai en 1927, Le Temps du mépris (1936) qui rapporte et dénonce la montée du nazisme en Allemagne, L'Espoir (1937). un reportage romancé sur la guerre civile espagnole et à nouveau, la menace du fascisme.

Les romans de Malraux ont tous un objectif commun : inscrire l'homme en action, y compris dans ses échecs, pour qu'il échappe à l'absurdité de l'existence. Les causes pour lesquelles luttent les héros de Malraux sont plus un moyen qu'une fin en soi, car ces causes tirent l'homme du néant. En l'absence de Dieu, seule l'action peut constituer une réponse à ce qui menace la vie : la faiblesse, la souffrance et la mort. Parmi la violence historique généralisée, dont la colonisation est largement responsable, l'action fait retrouver une signification à l'existence et une dignité à l'homme. "Le roman moderne est, à mes yeux, un moyen d'expression privilégié du tragique de l'homme, non une élucidation de l'individu."

Pendant la seconde guerre mondiale, Malraux est blessé deux fois, interné deux fois, parvenant à s'évader, il participe à la Résistance puis commande une brigade militaire à la Libération. Il est nommé ministre au premier gouvernement de 1945 à 1946, période où il rencontre le général de Gaulle, dont il sera le ministre de la Culture de 1958 à 1969. Les écrits de Malraux de l'après-guerre sont surtout consacrés à l'art et à sa signification dans l'évolution des cultures.

 

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© Denis C. Meyer-2009