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Honoré
de Balzac
Illusions
perdues
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Illusions perdues
- Synopsis
-
1.
Les Illusions perdues
comprennent trois parties, rédigées par Balzac (1799-1950)
en 1837 et 1838 pour les deux premières et en 1843, pour la troisième.
Cette oeuvre raconte les aventures de Lucien Chardon, jeune poète
ambiteux qui "monte" à Paris. Dans ce roman articulé autour
du thème de l’initiation, Balzac met beaucoup de lui-même
:
-
Le jeune héros
des Illusions est un jeune provincial d’Angoulême qui
tente de trouver le succès à Paris; Balzac est lui-même
né à Tours, il s’installe à Paris (Villeparisis)
avec sa famille à 20 ans, l’âge de Lucien Chardon;
-
Lucien a un bon ami,
David Séchard, marié à la soeur de Lucien. Séchard
tente sans succès de faire fortune dans l’imprimerie et l’édition;
le père de Balzac, ainsi que son beau-frère Surville,
se sont lancés eux aussi dans des projets de ce type, qui n’ont
jamais abouti. Quant à Balzac, il a lui-même perdu très
tôt sa fortune personnelle dans des entreprises d’imprimerie
qui n’ont pas marché; écrire des romans et des articles
pour les journaux a été pour Balzac un moyen de rembourser
ses dettes;
-
Le jeune Lucien Chardon
devient l’amant de Madame de Bargeton, la femme (mariée) la
plus en vue de la société d’Angoulême; c’est à
21 ans que Balzac a rencontré Mme de Berny, son inspiratrice,
amante et protectrice, âgée de quinze ans de plus que
lui. Leur liaison durera 10 ans.
-
Les Illusions
décrivent longuement le monde complexe et politique de l’édition,
du livre, de la presse, du journalisme, dans lequel Rubempré
rencontre plus de déceptions que de succès, plus de
conflits que d’espoirs; les échecs littéraires ne sont
pas inconnus à Balzac, qui publie sans relâche, en particulier
dans les journaux, qui présentent ses romans par épisodes.
-
Les Illusions
fournissent aussi de riches tableaux des moeurs, des comportements,
des rituels de la société aristocratique et bourgeoise
parisienne sous la Restauration, la Monarchie de Juillet de Louis-Philippe
et du ministre Guizot. La vie mondaine dont Rubempré rêve
et où Louise est rapidement intégrée n’est bien
sûr pas étrangère à Balzac, qui était
invité en ami dans de nombreux salons de la société
française et européenne.
Malgré ces nombreuses
références à la vie de Balzac, les Illusions
ne sont pas une autobiographie. Comme dans toutes les oeuvres de Balzac,
les fragments de l’expérience personnelle de l’auteur sont
partout présents dans le récit et à la source
des situations, des lieux, des personnages.
2.
La première partie du roman, intitulée Les deux
poètes, est située à Angoulême. L’histoire
ouvre sur l’amitié entre Lucien Chardon et son ami David Séchard,
qui se mariera plus tard à la soeur de Lucien. Cette partie décrit
aussi le petit monde de la société aristocratique et bourgeoise
d’Angoulême, les ambitions du jeune poète Chardon, amoureux
de Mme Louise de Bargeton, la femme la plus "en vue" de la petite société
d’Angoulême, épouse d’un notable local. Louise de Bargeton
est séduite "par l’excessive beauté de Lucien, la timidité
de ses manières, de sa voix […] Le poète était
déjà la poésie". En même temps que Lucien
découvre l’amour grâce à Mme de Bargeton, c’est
elle qui va initier Chardon aux subtilités, aux raffinements
et aux codes de la vie mondaine que le jeune homme découvre dans
les salons de Louise. A la fin de cette première partie, les
deux amants décident de quitter la province pour se rendre ensemble
à Paris.
3. La
deuxième partie est intitulée Un grand homme
de province à Paris, un titre ironique qui résume
les difficultés et les désillusions que Lucien
va rencontrer pendant son séjour à Paris. La vie de la
capitale change très vite la relation entre les amants, Louise
et Lucien. Alors que Madame de Bargeton est invitée avec succès
dans les plus grands salons parisiens, Rubempré connaît
la misère dans les petites chambres d’étudiant du Quartier
Latin. Tous ses espoirs de connaître la gloire s’évanouissent,
c’est plutôt les échecs qu’il rencontre, les amitiés
passagères, les querelles de jalousie. Lucien devient l’amant
d’une actrice à la mode, il s’endette, s’attire des ennemis dans
toute la société parisienne. Un duel le laisse blessé
et humilié. Il quitte finalement Paris, désespéré
et brisé, avec seulement 20 francs en poche qui lui ont été
donnés par Bérénice, une gentille prostituée
qui a eu pitié de lui : "Cet argent lui brûlait la main,
il voulait le rendre; mais il fut forcé de le garder comme un
dernier stigmate de la vie parisienne".
4. La
troisième partie, intitulée Les souffrances
d’un inventeur, a été écrite bien après
les deux premières. Le récit est à nouveau situé
à Angoulême, il raconte le retour de Lucien dans cette
ville de province mais le jeune homme perd le rôle central. La
narration se trouve surtout centrée sur les difficultés
de son ami David Séchard, qui séjournera en prison par
la faute de Lucien, qui lui avait créé des dettes. A la
fin de cette troisième partie, Lucien est sur le point de se
suicider lorsqu’il rencontre un homme étrange et autoritaire,
qui lui promet la gloire s’il le suit à Paris. Cet homme qui
se fait passer pour un ecclesiatique est en réalité Vautrin,
un ancien forçat. La suite des aventures de Vautrin et Lucien
est narrée dans Splendeurs et misères des courtisanes
(1844).
5. Aphoristique
balzacienne
Le talent de Balzac est
immense, et il est un infatiguable travailleur, produisant en l’espace
de 20 ans plus de 90 romans. Le grand écrivain de Tours oublie
même sa modestie, lorsqu’il écrit en 1833 ce mot célèbre,
à la fois sérieux et ironique : "Saluez-moi, je suis tout
bonnement en train de devenir un génie".
L’or, la gloire et le
plaisir. Balzac peint avec force et pénétration ces trois
passions humaines qui pour lui règlent le comportement de ses
contemporains : l’obsession pour l’argent, la quête du pouvoir
et l’amour entre hommes et femmes. Balzac est aussi un écrivain
qui sait résumer avec brillance et concision des situations,
des idées générales, des vérités
par des aphorismes lapidaires:
Sur
la société parisienne :
"Dans ce monde
où les petites choses deviennent grandes, un geste, un mot, perdent
un débutant. Le principal mérite des belles manières
et du ton de la haute compagnie est d’offrir un ensemble harmonieux
où tout est si bien fondu que rien ne choque".
"Surpris par
l’esprit d’à-propos, la finesse avec laquelle ces hommes formulaient
leurs réponses, Lucien était étourdi par ce qu’on
nomme le trait, le mot, surtout par la désinvolture de la parole
et l’aisance des manières. Le luxe qu’il avait trouvé
le matin dans les choses, il le retrouvait [le soir, à l’Opéra]
dans les idées".
Sur
la morale des hommes :
"La conscience,
mon cher, est un de ces bâtons que chacun prend pour battre son
voisin, et dont il ne se sert jamais pour lui" (Lousteau à Lucien)
Sur le journalisme:
"…un journal
n’est plus fait pour éclairer, mais pour flatter les opinions"
(Vignon à Lucien)
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