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Sexisme
de classe
Produit
- TGV Paris
Bordeaux, sa rapidité et le confort de sa 1ère classe.
Environnement
- Quai d’une
station, espace désert, pas de foule.
- Noir et
blanc, non-couleurs d’une gare.
- Seul le
produit TGV Paris Bordeaux est en couleur, celle de la ville de destination,
du vin de Bordeaux, par métonymie.
Personnage
- Au centre,
une femme assise, dont on ne voit que les longues jambes découvertes
et croisées. Elégance, classe, suggérées
par les teintes sombres des vêtements, les chaussures à
talon haut.
- Des dossiers
sont placés sur les genoux du personnage.
Accroche
Tous
les hommes d’affaires vous le diront,
en
1ère classe, ils ont plus de place pour déplier leurs dossiers.
- Graphisme
de style manuscrit, pour personnaliser ce qui veut apparaître
comme un conseil de collègue à collègue, de classe
à classe (confrérie, club exclusif des hommes d’affaires)
- En première
classe est mis en exergue, par apposition,
en tête du second segment de la période,
comme pour rappeler l’ordre des compartiments ?
- Paradoxe
: L’accroche fait mention des hommes d’affaires mais c’est un
personnage féminin qui est montré.
- L’apostrophe
est également ambiguë. Le pronom vous s’adresse,
-
à
la cible apparente de la publicité (hommes d’affaires,
cadres), du type : les hommes d’affaires parlent aux hommes d’affaires;
-
mais
aussi, comme paraît en témoigner le personnage de
cette publicité, à toutes les femmes d’affaires
qui ont des besoins/désirs similaires à ceux des
hommes, i.e., place, confort, reconnaissance de leur statut social.
- Paradoxe
et ambiguïté sont désarticulés si l’on nomme
les référents par métaphore
:
On obtient
alors la reformulation suivante : Toutes les femmes élégantes
vous le diront, en 1ère classe, elles ont plus de place pour déplier
leurs jambes.
Ces substitutions
impliquent que l’élégance et les jambes d’une femme d’affaires
sont plus importantes que ses dossiers.
Relecture
Dans un premier
mouvement, la publicité semble opérer sur un plan politiquement
correct : on débusque en effet la locution figée et sexiste
"hommes d’affaires" pour laisser entendre que les affaires
ne sont pas le domaine exclusif des hommes. Cette assertion est toutefois
immédiatement effacée par la représentation d’une
"femme d’affaires", qui focalise essentiellement sur ses jambes
- la partie supérieure, cérébrale du personnage
étant omise. Cette représentation ramène cette
"femme d’affaires" non seulement à une anecdote, mais
aussi à un objet sexuel.
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©
Denis C. Meyer-2009
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