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Texte
minimal et flambée de tropes
Produit
- Canderel
Sucre "sans sucre"
- Allitérations
et assonances
dérivées par le nom du produit : Canderel, candeur, chanterelle,
aquarelle, belle, elle, naturel etc.
- On assume
que le produit est connu (les silhouettes allongées du dessinateur
Kiraz sont elles, archi-connues) car rien n’indique qu’il s’agit d’un
sucre de substitution.
- Le produit
en haut à gauche a la même forme que le visage de la jeune
fille: il s’agit d’une métonymie
picturale, le visage valant pour le produit.
- Le produit
est placé en haut et à gauche du document, point de départ
d’une lecture linéaire du document. La lecture se termine en
bas à droite par le mot sans. La publicité est
donc contenue entre ces deux mots : Canderel … sans. Autrement
dit, Canderel est sans, c’est un sucre sans sucre (antilogie),
sans calories, sans kilos en plus, sans problèmes
pour celles qui veulent manger sucré mais ne veulent pas grossir
etc.
Accroche
C’est curieux
: Plus je suis mince plus il est lourd.
- Dans le
premier segment, le lecteur est pris à témoin par
une
apostrophe implicite,
i.e. [vous ne trouvez pas que] c’est curieux, renforcée
par le regard que la jeune fille adresse à ce lecteur.
- Ce premier
segment est une fausse naïveté (cf. Canderel /
candeur) basée sur une antiphrase
: C’est curieux (mais pourtant ça ne m’étonne
pas…).
- Le second
segment de l’accroche est une parisose
(4 – 4) rythmée par l’anaphore
plus… plus et dont la forme en chiasme
met en valeur ses composants antithétiques : je / il - mince
/ lourd.
- Une syllepse
de sens motivée par la polysémie des adjectifs
mince et lourd fonde l’ambiguïté de
l’accroche:
i. sens littéral
: mince (svelte) s’oppose à lourd (gros)
ii. sens figuré
(ou tropologique) : mince (jolie, séduisante) s’oppose à
lourd (ballot, stupide).
- Il est clair
que l’accroche pointe sur le sens tropologique de l’adjectif lourd
car le garçon est plutôt svelte.
- Reformulation
de l’accroche : Plus je mincis (grâce à Canderel),
plus je suis séduisante; l’admiration dont je suis désormais
l’objet me donne confiance en moi et je trouve (avec une certaine coquetterie
que je cultive) les garçons stupides et ennuyeux.
Slogan
Avec, on
est mieux que sans.
- L’opposition
avec / sans aux extrémités du segment rappelle
l’antilogie qui
encadre cette publicité : Canderel… sans (cf. par. 1).
- On n’est
pas l’indéfini (les gens), mais le collectif nous, c’est-à-dire
nous les filles.
- Il y a deux
ellipses (sucre
et Canderel) dans ce slogan, qu’on peut relire selon cette progression
:
i. Avec
[du sucre], on est mieux que sans [sucre].
ii. Avec
[Canderel], on est mieux que sans [sucre].
iii. Avec
[Canderel], on est mieux que sans [Canderel].
- L’adverbe
mieux peut être décliné sur un axe paradigmatique,
du sens littéral au sens tropologique : On est mieux,
c’est-à-dire plus mince, plus jolie, plus
séduisante, plus sûre de soi, mieux dans
sa peau et le café est meilleur !
- L’ellipse
portant sur le mot sucre est un moyen supplémentaire
de connoter la perte de poids, l’allègement. Si l’ellipse
porte sur le mot Canderel, elle ressort alors de la thématique
minimaliste et paradoxale de cette publicité, assumant que
le produit est assez célèbre pour ne pas avoir à être
décrit ni même nommé.
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©
Denis C. Meyer-2009
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