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Imaginer
Représenter l'Orient

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L'Orient (lat. class. oriens « un des quatre points cardinaux, l'est » ; « pays du levant », part. prés. de oriri « se lever »)
Au sens général,
ce mot désigne une idée, un concept plus qu'un ensemble
géographique et culturel unifié et cohérent.
Dans son acception géographique globale, l'Orient inclut l'Afrique
du nord (Maghreb), l'Egypte et la Turquie, la péninsule arabe
et l'Iran, le Moyen-Orient, l'Inde, l'Asie centrale, l'Asie du Sud-Est,
la Chine et le Japon. Ces entités géographiques recouvrent
une grande variété de religions : le christianisme (oriental),
l'islam (sunnite, shiite et soufi), l'hindouisme, le bouddhisme, le
taoïsme et le confucianisme, le shintoïsme.
- L'idée d'Orient est
principalement associée aux cultures historiques, extra-europénnes
et non-chrétiennes : en conséquence, l'Afrique
sub-saharienne, l'Australie, les îles du Pacifique, ne sont
donc pas assimilées à "l'Orient". Rémi Brague suggère que l’Europe a trois Orients : un Orient méditerranéen, c'est le monde arabe et islamique; un Orient lointain, c'est l’Asie orientale; mais aussi un Orient chrétien (la Grèce, les Balkans, les pays slaves, la Russie) issu du schisme entre Rome et Constantinople au 13e siècle (Brague, R., Europe, la voie romaine, Paris, Critérion, 1991).
- L'Asie : au nord, elle commence au-delà de la chaîne montagneuse
de l'Oural (longitude 60 degrés). Au sud-ouest, l'Asie englobe
la Turquie, la péninsule arabe et l'Iran (Perse). Cependant,
ces régions situées au nord-ouest de l'Océan
Indien sont habituellement désignées sous le nom de Proche-Orient, ou Moyen-Orient. L'Asie s'achève
dans le nord au Japon, et en Indonésie dans le sud.
- L'Extrême-Orient :
ce mot désigne les régions situées aux confins
du continent eurasiatique : la Chine, la Corée, le Japon,
ainsi que les pays de l'Asie du Sud-Est.
- L'Indochine : nom historique
englobant le Vietnam, le Laos et le Cambodge durant la période
coloniale française dans la région (1853-1954). Alors
que la Cochinchine (Vietnam du sud) était totalement
administrée par les colons français, le Tonkin (Vietnam du nord), ainsi que le Laos et le Cambodge, jouissaient
d'une relative autonomie.
- L'imaginaire européen de l'Orient et de l'Ailleurs s'est constitué progressivement
au cours des siècles selon des thèmes variés
mais complémentaires et interdépendants. Ces thèmes
se retrouvent dans les épopées de guerre, les récits
des voyageurs (aventuriers, missionnaires ou commerçants),
les rapports de missions scientifiques, les arts et les lettres.
- Le fabuleux : Babylone dans
l'ancienne Perse, la ville d'Alexandrie en Egypte, l'Orient chrétien
de Byzance (Constantinople), l'Empire Ottoman de Turquie, l'Arabie,
mais aussi la Chine, sont des lieux mythiques qui pendant des siècles
ont été associés à l'abondance, au raffinement
et à la culture, au luxe et à la richesse. En corollaire,
comme par un mouvement pendulaire vers un jugement négatif,
ces lieux sont également associés à la décadence
et la luxure, à la débauche, au despotisme et à la tyrannie.
- L'Ailleurs : c'est par définition
ce qui est autre, différent, ce qui ne ressemble
pas, ce qui sort du familier. Les Grecs nommaient leur territoire
l'oikumenè; le reste, ce qui était en dehors,
étant le monde barbare. De cet autre inconnu, imprévisible,
dérive le mystère, l'insondable. Cet ailleurs mystérieux
entraîne deux sentiments en apparence contradictoires : la tentation, le désir de découvrir ce
qui est autre, exotique, d'y pénétrer
jusqu'à la disparition de soi, mais aussi la crainte
de se perdre dans l'inconnu.
- Le primitif, le naturel,
l'authentique : c'est le lieu du recommencement, du terrain
vierge à construire sur le modèle de l'Occident (l'Afrique,
l'Amérique et Nouveau-Monde, l'Océanie et l'Asie du
Sud-Est). C'est la mythologie missionnaire et coloniale, qui veut
favoriser le passage direct de l'état de nature à
l'état de culture (païen à chrétien, sauvage
à civilisé). Certains philosophes européens
des Lumières, comme Jean-Jacques Rousseau, voyaient le problème
d'une autre manière : ces contrées, ces hommes sauvages
devaient être préservés parce qu'ils représentent
un idéal de pureté, non contaminé.
- La transgression : l'Ailleurs
représente la possibilité d'échapper aux règles
de l'oikumenè, à l'ensemble des contraintes
de la culture européenne chrétienne. L'Orient constitue
ainsi une source de spiritualité nouvelle et alternative
qui favorise l'émergence du relativisme culturel. L'Orient
suscite aussi des fantasmes divers parmi les visiteurs européens
(essentiellement des hommes), liés au mythe de la permissivité
sexuelle (érotisme et exotisme) et des plaisirs interdits
(opium).
- La menace : les immenses
territoires inconnus mais peuplés de l'Orient que découvrent
peu à peu les Européens au cours des siècles
représentent une menace, la crainte d'une invasion par les
masses orientales (les Mongols en Europe au 13e siècle, les
Arabes en Espagne jusqu'à la fin du 15e siècle, le
"Péril Jaune" à la fin du 19e siècle).
Un autre thème émerge aussi, celui de la foule indifférenciée,
la multitude des villes orientale.
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