Marie-Ferdinand
Allou

 


 

Arrivée à Hong Kong
(1894)


La navigation est souvent difficile et quelquefois dangereuse dans la mer de la Chine, mais nous sommes particulièrement favorisés. Nous avons un temps splendide, seulement, hélas ! beaucoup trop chaud. Nous ne savons littéralement que devenir. Heureusement nous approchons de Hong-Kong.

Cette ville se présente aux voyageurs sous l'aspect le plus riant et le plus gracieux ; elle est construite en amphithéâtre, ce qui fait que toutes les maisons ont vue sur la mer. Elles sont très belles et appartiennent presque toutes à de riches commerçants anglais qui vivent là fort agréablement.

Nous avions été frappés, en arrivant, d'une particularité. Au moment de quitter le vaisseau, nous nous trouvons entourés de petites barques qui viennent nous prendre, ainsi que nos colis, pour nous conduire à Hong-Kong. Toutes sont montées par des Chinoises en larges pantalons. Plusieurs d'entre elles portent un baby fixé sur leur dos. Elles sont, du reste, très vigoureuses et transportent les colis les plus lourds aussi facilement que le feraient nos portefaix français.

Hong-Kong est une belle ville, très gaie, très propre, même dans le quartier chinois. La garnison anglaise fait plusieurs fois la semaine de la musique dans les jardins publics. Pour s'y rendre, les dames étrangères, anglaises et françaises, font assaut de toilettes ; quant aux dames chinoises, on ne les voit pas dans les lieux publics. C'est ici pour la première fois que nous nous sommes servis de chaises à porteurs. On en trouve à louer sur presque toutes les places, mais les habitants riches ont chacun la leur. On ne rencontre aucun Européen à pied dans les rues, qui ont en général des montées rapides et très fatigantes pour la marche, et dont plusieurs même sont en escalier.

En Chine, c. 1894, Librairie Delagrave, Paris.

 

 

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