Serge Gainsbourg

 

 


Le poinçonneur des Lilas - 1959

Je suis le poinçonneur des Lilas
Le gars qu'on croise et qu'on ne regarde pas
Y a pas de soleil sous la terre
Drôle de croisière
Pour tuer l'ennui j'ai dans ma veste
Les extraits du Reader Digest
Et dans ce bouquin y a écrit
Que des gars se la coulent douce à Miami
Pendant ce temps que je fais le zouave
Au fond de la cave
Paraît qu'y a pas de sot métier
Moi je fais des trous dans des billets

Je fais des trous, des petits trous, encore des petits trous
Des petits trous, des petits trous, toujours des petits trous
Des trous de seconde classe
Des trous de première classe
Je fais des trous, des petits trous, encore des petits trous
Des petits trous, des petits trous, toujours des petits trous
Des petits trous, des petits trous, des petits trous, des petits trous

Je suis le poinçonneur des Lilas
Pour Invalides changer à Opéra
Je vis au coeur de la planète
J'ai dans la tête
Un carnaval de confettis

J'en amène jusque dans mon lit

Et sous mon ciel de faïence
Je ne vois briller que les correspondances
Parfois je rêve je divague
Je vois des vagues
Et dans la brume au bout du quai
Je vois un bateau qui vient me chercher

Pour me sortir de ce trou où je fais des trous
Des petits trous, des petits trous, toujours des petits trous
Mais le bateau se taille
Et je vois que je déraille
Et je reste dans mon trou à faire des petits trous
Des petits trous, des petits trous, toujours des petits trous
Des petits trous, des petits trous, des petits trous, des petits trous

Je suis le poinçonneur des Lilas
Arts-et-Métiers direct par Levallois
J'en ai marre j'en ai ma claque
De ce cloaque
Je voudrais jouer la fille de l'air
Laisser ma casquette au vestiaire

Un jour viendra j'en suis sûr
Où je pourrais m'évader dans la nature
Je partirai sur la grand'route
Et coûte que coûte
Et si pour moi il n'est plus temps
Je partirai les pieds devant

Je fais des trous, des petits trous, encore des petits trous
Des petits trous, des petits trous, toujours des petits trous

Y a de quoi devenir dingue
De quoi prendre un flingue
Se faire un trou, un petit trou, un dernier petit trou
Un petit trou, un petit trou, un dernier petit trou
Et on me mettra dans un grand trou

Où je n'entendrai plus parler de trou, plus jamais de trou
De petits trous de petits trous de petits trous


Je suis venu te dire - 1972

Je suis venu te dire que je m'en vais
et tes larmes n'y pourront rien changer
comme dit si bien Verlaine "au vent mauvais"
je suis venu te dire que je m'en vais

tu te souviens des jours anciens et tu pleures
tu suffoques, tu blémis à présent qu'a sonné l'heure
des adieux à jamais oui, je suis au regret
de te dire que je m'en vais oui je t'aimais, oui, mais

je suis venu te dire que je m'en vais
tes sanglots longs n'y pourront rien changer
comme dit si bien Verlaine "au vent mauvais"
je suis venu de te dire que je m'en vais

tu te souviens des jours heureux et tu pleures
tu sanglotes, tu gémis à présent qu'a sonné l'heure
des adieux à jamais oui, je suis au regret
de te dire que je m'en vais car tu m'en as trop fait

je suis venu te dire que je m'en vais
et tes larmes n'y pourront rien changer
comme dit si bien Verlaine "au vent mauvais"
je suis venu de te dire que je m'en vais

tu te souviens des jours anciens et tu pleures
tu suffoques, tu blémis à présent qu'a sonné l'heure
des adieux à jamais oui, je suis au regret
de te dire que je m'en vais oui je t'aimais, oui, mais

je suis venu te dire que je m'en vais
tes sanglots longs n'y pourront rien changer
comme dit si bien Verlaine "au vent mauvais"
je suis venu te dire que je m'en vais

tu te souviens des jours heureux et tu pleures
tu sanglotes, tu gémis à présent qu'a sonné l'heure
des adieux à jamais oui, je suis au regret
de te dire que je m'en vais car tu m'en as trop fait


La chanson de Prévert - 1976

Oh je voudrais tant que tu te souviennes
Cette chanson était la tienne
C'était ta préférée je crois
Qu'elle est de Prévert et Kosma

Et chaque fois les feuilles mortes
Te rappellent à mon souvenir
Jour après jour
Les amours mortes
N'en finissent pas de mourir

Avec d'autres bien sûr je m'abandonne
Mais leur chanson est monotone
Et peu à peu je m'indiffère
A cela il n'est rien à faire

Car chaque fois les feuilles mortes
Te rappellent à mon souvenir
Jour après jour
Les amours mortes
N'en finissent pas de mourir

Peut-on jamais savoir par où commence
Et quand finit l'indifférence
Passe l'automne vienne l'hiver
Et que la chanson de Prévert

Cette chanson "Les Feuilles Mortes"
S'efface de mon souvenir
Et ce jour-là
Mes amours mortes
En auront fini de mourir

Et ce jour-là
Mes amours mortes
En auront fini de mourir

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