la
plage

 

Les plages sont les grèves de jadis, humanisées par les baigneurs.

Paul Morand

Les plages du littoral de France s’étalent sur près de 2000 kilomètres, le long de la Manche, de l’Atlantique et de la Méditerranée. Trente-cinq millions de vacanciers (mais pas seulement des Français) se rendent chaque été sur les plages de France.

La plage permet bien sûr la pratique d’un grand nombre de sports (surf, planche à voile, ski nautique etc.), mais elle représente surtout un lieu de détente totale se résumant souvent à deux activités complémentaires : baignade et bronzage. Les objets de la plage sont principalement le parasol, les lunettes de soleil, la crème solaire et la serviette qu’on étale sur le sable. A la rentrée, on évaluera implicitement la qualité des vacances de son collègue de bureau à l’intensité de son bronzage, synonyme de vacances réussies.

Les vacances à la plage sont toutefois un phénomène typiquement contemporain : au 19e siècle, peu de Français allaient sur les plages, d’abord pour des raisons économiques, mais aussi parce que la mer était essentiellement associée à des activités comme la pêche ou aux promenades le long des grèves désertes. On y allait aussi pour des raisons liées à la santé, pour faire des cures par exemple, car les bains de mer étaient recommandés par les médecins. Le bain d’algues était conseillé comme un remède pour toute sorte de maux. Lorsqu’on voulait se baigner, ou nager, on allait plutôt dans les rivières et les lacs, car la mer, avec ses vagues et ses courants imprévisibles, était considérée comme dangereuse.

Baigneurs en Normandie, 1900

Ce n’est qu’après la guerre de 1939-1945 que la plage a été véritablement associée à l’idée de vacances. La fameuse loi de 1936 sur les "congés payés", autorisant les ouvriers et les employés à partir en vacances tout en continuant à percevoir leur salaire, a entraîné un profond changement dans les habitudes des Français. Les Parisiens se rendent d’abord en Normandie, mais peu à peu, toutes les plages du littoral français deviennent des destinations très recherchées.

Avec le progrès des réseaux ferroviaires et routiers, et surtout grâce à la propagation de la voiture individuelle (80% des Français aujourd'hui partent en vacances avec leur propre véhicule), les vacanciers cherchant le beau temps ont envahi les régions du sud et du sud-ouest qui bénéficient généralement d’un ensoleillement que la Normandie ne pourra jamais offrir.

 

L’évolution du costume de bain

 

Le "justaucorps" des années 20

L’histoire des vacances à la plage a naturellement suscité une histoire du costume de bain. Au 19e siècle, le vêtement de bain n’était qu’une reproduction du vêtement quotidien. Pour les femmes, comme pour les hommes, il recouvrait toutes les parties du corps, par souci d’hygiène mais aussi de morale.

Dans les années 20, avec l’évolution des moeurs et du vêtement féminin (Coco Chanel a imposé ses vues sur la mode), le maillot de bain devient court et collant, il est fait en jersey de laine ou de coton, assez décolleté, souvent rayé bleu et blanc. Ce costume donne aux nageuses un nouveau style réellement balnéaire mais surtout, permet une plus grande liberté de mouvement.

 

En 1948, le styliste Louis Bréart présente le Bikini, une véritable révolution du genre : il s’agit d’un maillot de bain deux pièces qui laisse désormais très peu à l’imagination. Le bikini est toujours en usage aujourd’hui, mais les adeptes du bronzage intégral le réduisent souvent à un monokini.

 

 

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Brigitte Bardot en bikini, Cannes 1953

 

Sources photographiques : Le Monde 2, Juillet-Août 2001

 

 

©2004-Denis C. Meyer

 

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