Etiquette
et savoir vivre
Les
Français, comme tous les peuples, partagent un certain
nombre de codes et de conventions qui règlent les comportements
de chacun dans la vie en société. Ces codes forment
ce qu’on appelle la politesse, le savoir vivre, les bonnes
manières,
ou encore l’étiquette. Ces codes de comportement
facilitent les relations entre individus, ils contribuent à créer une harmonie
sociale. Ils définissent également ce qui est attendu, permis
ou interdit dans certaines situations, dictent les obligations
de chacun envers
la hiérarchie sociale, entre hommes et femmes (la galanterie).
Souvent, ils permettent aussi de “situer” un individu
par rapport à la norme : l’ignorance ou la connaissance
de certains protocoles révèlent en effet un manque
dans l’éducation, ou au contraire, des qualités.
|
Bonnes
et mauvaises manières |
Il
faut respecter l’heure, la ponctualité est un acte essentiel
du savoir-vivre. Si quelqu’un vous donne rendez-vous dans la
rue ou dans un lieu public à une heure précise, on doit arriver à l’heure,
le maximum qui peut être toléré est cinq minutes
de retard. S’il s’agit d’un rendez-vous d’affaires,
professionnel, chez le médecin, le dentiste, il est recommandé d’arriver
cinq ou dix minutes plus tôt. Les Français ont la réputation
d’être souvent en retard ; vrai ou faux, un retard est toujours
considéré comme impoli.
En
France, on s’abstient de téléphoner après
22 heures, sauf à des amis intimes.
Cracher
dans la rue est absolument interdit. Roter en public est très impoli.
Bailler sans mettre sa main devant la bouche, se moucher ou éternuer
bruyamment sont également des comportements très mal
considérés.
Dans
la rue, il y a des passages spéciaux (devant les feux rouges
ou non) que les piétons utilisent pour traverser. Ne pas
utiliser les passages piétons, qu’on appelle aussi les « clous »,
est mal considéré, même si en France ce code de bonne
conduite est loin d’être toujours respecté.
Dans
les transports publics (bus, train, métro), il est d’usage
d’offrir son siège à une personne âgée, à une
femme enceinte, à une personne avec un enfant.
Dans
un ascenseur, dans les transports en commun, dans la rue, on ne fixe
pas les gens
du regard. Dévisager une personne est considéré comme
très impoli. Parler bruyamment à une personne qui nous
accompagne ou au téléphone est également mal considéré.
A
la fin d’un
repas, il est normal en France de partager l’addition de manière égale
entre tous les convives, sauf si l'un d'entre eux insiste pour tout
payer. En revanche, il est toujours d’usage dans un dîner à deux
qu’un homme invite la femme qui l’accompagne, même
si cet usage est moins courant parmi les jeunes gens.
Dans
une file d’attente, il faut faire la queue comme tout le
monde et attendre patiemment son tour. Il est extrêmement impoli
de dépasser quelqu’un ou de venir s’adresser directement
au guichet pour traiter ses affaires. Ceux qui se permettent ce comportement
seront sanctionnés du regard, ou verbalement sermonnés..
On
doit dire merci lorsqu’on reçoit quelque chose, lorsqu’on
nous rend un service. Si l’on reçoit un cadeau, il n’est
pas impoli de l’ouvrir immédiatement. On peut cependant
le faire après une petite phrase conventionnelle : « Est-ce
que je peux l’ouvrir tout de suite ? ». Même si le
cadeau n’est pas de votre goût, ou n’est pas
ce que vous attendiez, on ne montre pas
sa déception.
|
ponctualité
|
|
courtoisie
|
tact |
Salutations |
Lorsqu’on
entre dans une pièce où il y a des gens, il est d’usage
de dire bonjour en arrivant, mais il n’est pas obligatoire
de serrer toutes les mains. Les Français sont plutôt formels
dans la rencontre, ils associent en général un geste – serrer
la main – avec
la parole. S’il s’agit d’une première rencontre,
on pourra dire : “Enchanté”, “Ravi de vous rencontrer”,
ou tout simplement annoncer son nom : “Bonjour, Marcel Duchamp”.
Si l’on est présenté à quelqu’un, il
est préférable d’attendre que cette personne vous
tende la main pour la saluer.
La
poignée de main (i.e., l’acte de serrer la main à quelqu’un)
est bien plus habituelle en France que dans les pays anglo-saxons par
exemple. En arrivant au bureau le matin, il est fréquent que les
Français lancent un “Bonjour, ça va?” ou
un “Salut Philippe!” en se serrant la main, même
s’ils
se sont vus la veille. Le soir, en se quittant, il n’est pas rare
qu’on se serre la main une nouvelle fois. Serrer la main est ainsi
un rituel d’ouverture et de fermeture de la rencontre, l’acte
de se saluer et de se quitter est fortement marqué par ce geste.
Une rencontre de moins de cinq minutes – dans la rue par exemple – peut être
introduite par une poignée de main et terminée par une
autre.
Les
salutations entre hommes et femmes sont augmentées d’un
geste supplémentaire : faire la bise. Il n’est pas anormal
de serrer la main à une femme, mais un homme embrassera plutôt
sur chaque joue une femme qu’il connaît : parent, collègue
ou amie. Assez souvent, lorsque la relation n’est pas encore très
développée, un homme prendra la main d’une femme
pour la saluer mais se penchera en même temps vers elle pour l’embrasser,
signifiant ainsi que la relation est plus proche, plus amicale. Tout
comme la poignée de main, faire la bise marque fortement le temps
de la rencontre, et là aussi, il n’est pas inhabituel qu’une brève conversation dans la rue soit introduite par
des bises et finie par d’autres bises en se quittant, même
après quelques minutes.
Ce
rituel de la bise provoque quelquefois des hésitations, ou
même de l'embarras : la norme est en effet de faire deux bises, un sur
chaque joue, mais une personne qui a l'habitude d'en faire
trois ou quatre risque d'embrasser dans le
vide si l’autre s’est déjà retirée.
Lorsque c’est le cas, on rit puis on peut recommencer par jeu, en précisant quelque
chose comme “Moi, j’en fais quatre !” Les femmes se
font plus souvent la bise entre elles que les hommes le font entre eux,
sauf
s’il s’agit d’un proche parent (père, frère,
cousin etc.) Quand les hommes s’embrassent, on parle plutôt
d’une “accolade”, ce qui consiste à mettre ses
bras autour du cou, tout en donnant quelques tapes dans le dos.
Dans
le cas où deux personnes se rencontrent d’une certaine
distance (de chaque côté de la rue par exemple), un certain
code est aussi en usage : si l’on connaît bien cette personne,
et si la relation avec elle est plutôt informelle, un petit signe
discret de la main est d’usage. En revanche, si l’on croise
dans la rue une personne avec laquelle on entretient une relation formelle
(professeur, supérieur hiérarchique etc.) ou qu’on
connaît assez peu, il est préférable de marquer cette
rencontre par un hochement de la tête seulement. Si cette personne
est accompagnée, il est recommandé de s’abstenir
de faire un signe, sauf si cette personne fait elle-même un geste.
Enfin, si la personne ne vous a pas remarqué (ou fait semblant
de ne pas vous remarquer), là encore, il est préférable
de ne faire aucun signe.
|

poignée de main
|
|
|
Tu
ou vous ? |
Un
simple pronom et une forme verbale font un monde de différence
dans les relations interpersonnelles en France. Le passage du “vous” (formel)
au “tu” (informel) est un rituel fréquent, qui marque
l’évolution d’une relation. Utiliser le pronom tu
signifie en effet plus de proximité, plus d’intimité,
moins de formalité dans les contacts, la communication et même
les sujets de conversation. Ce changement est immédiatement perceptible
pour chaque individu, une sorte de relâchement mental et physique
se produit, qui transforme la façon d’agir et de se comporter.
Le passage du vous au tu se fait plus facilement entre personnes du même
sexe que de sexes opposés, l’âge joue aussi un rôle
important. Ce passage est souvent formalisé par une question posée
ainsi : “On pourrait se tutoyer maintenant, ce serait plus simple
?” ou “Ça vous dérangerait si on se tutoyait
?”
Il
existe un grand nombre de cas de tutoiement spontané : les jeunes
enfants par exemple s’adressent aux adultes en utilisant le pronom
tu jusqu’à ce qu’ils apprennent – vers 7 ou
8 ans – à distinguer les circonstances où il faut
faire un choix. Par ailleurs, les jeunes du même âge, les
adolescents, se tutoient de manière spontanée, sans distinction
de sexe. Les membres d’une même famille se tutoient : sauf
dans des cas aujourd’hui exceptionnels, les enfants ne disent jamais
vous à leurs parents. Le tu spontané est aussi d’usage
dans certains cercles, clubs, associations; cela a pour effet de renforcer
le sentiment d’unité et d’appartenance au
groupe.
En
général, on vouvoie les personnes que l’on rencontre
pour la première fois, le supérieur hiérarchique,
une personne plus âgée que soi. Il existe certains
cas où une personne est autorisée à tutoyer, tandis
que son interlocuteur emploie le vous : un professeur parlant à un
jeune élève, un adulte à un jeune enfant, une personne âgée
s’adressant à une personne beaucoup plus jeune. Cette situation
n’autorise pas la personne qui est tutoyée à tutoyer
son interlocuteur à son tour, ce qui montre que le vouvoiement
n’est pas seulement une marque de formalité, mais aussi
un indicateur de hiérarchie sociale qui permet de montrer son
respect.
Dans
une première rencontre, le choix entre le vous et le tu
n’est pas toujours facile, il existe des circonstances où l’on
hésite, et où une solution doit être trouvée
verbalement. Même si le premier contact est chaleureux, il est
plus prudent d’utiliser le vous jusqu’au moment où les
interlocuteurs trouvent un protocole. En général, c’est
la personne la plus âgée, ou celle qui se trouve dans une
position hiérarchique supérieure, ou celle qui reçoit qui
va décider
: “On pourrait peut-être se dire tu?” Dans les régions
du sud de la France, ainsi qu'en Espagne ou en Italie, dire tu dès
la première
rencontre est beaucoup plus fréquent que dans le nord, où souvent
le tutoiement spontané est ressenti comme une agression.
L’usage du vous a longtemps prédominé dans la société française,
jusqu’à la fin du 18e siècle. Le philosophe des Lumières
Jean-Jacques Rousseau, auteur de Emile, ou de l’éducation (1762), juste avant la Révolution, recommande ainsi le tutoiement
systématique dans la famille. Aujourd’hui, l’usage
du tutoiement est de plus en plus répandu, notamment parmi les
jeunes générations. On attribue généralement
cette évolution à l’influence
de la langue anglaise, dans laquelle le pronom “you” est
perçu comme l’équivalent du “tu” français,
ce qui n’est pas nécessairement vrai.
|
|
|
Etre
reçu |
Lorsqu’on est invité pour une soirée, un dîner,
un cocktail chez quelqu’un, il est nécessaire d’observer
cette règle : ne pas arriver à l’heure ! En d’autres
termes, si l’on est invité pour 19 heures, il est d’usage
de se présenter 10 ou 15 minutes plus tard, car arriver plus tôt
serait arriver trop tôt. En revanche, si l’on prévoit
un “vrai” retard de plus de trente minutes, il est poli de
téléphoner à ses hôtes pour les prévenir.
Que
peut-on apporter à ses hôtes lorsqu’on est invité ?
Un bouquet de fleurs bien sûr (le plus naturel possible, et sans
papier d’emballage), mais une bouteille de bon vin, l'exemplaire d'un livre que vous avez lu récemment, ou encore une boîte
de chocolats sont probablement un meilleur choix. Il faut en effet considérer
que votre hôtesse, si elle reçoit beaucoup d’invités,
ne sera peut-être pas très disponible pour s’occuper
de plusieurs bouquets de fleurs qu’il faut préparer, mettre
en vase etc. L’élégance suprême consiste à envoyer
des fleurs avant, la veille ou le jour de l’ivitation, avec une
carte de visite et quelques mots de remerciements.
Les
Français aiment la conversation en général,
mais elle doit rester de “bon ton” selon l’usage. Ne
rien dire est considéré de mauvais goût, mais vouloir
trop briller est également mal considéré. On évitera
des sujets de conversation trop polémiques, comme la politique,
la religion, la morale, les impôts, afin de ne pas révéler
trop ouvertement ses opinions. Il faut également éviter
de critiquer certaines professions (avocats, enseignants, médecins
etc.), car il est toujours possible que l’un des invités
exerce l’une de ces professions. Parler trop de soi-même
ou monopoliser l’attention sur soi est également mal considéré.
Il faut attendre
que son interlocuteur ait fini sa phrase pour parler à son tour, il faut éviter
aussi de contredire ouvertement cette personne, même si l’on
ne partage pas ses opinions. Il
est important d’écouter ce qu’on nous dit, en
particulier les réponses aux questions que l’on a posées.
Il est impoli de “retenir” quelqu’un pendant trop longtemps,
même si cette personne paraît vous écouter avec intérêt.
Si un autre invité salue et s’adresse à la personne à qui
l’on parle, il est préférable de les laisser pour
se joindre à un autre groupe.
Lorsque
l’on quitte ses hôtes, il est bien sûr essentiel
de les saluer et de les remercier personnellement. En général,
il n’est
pas nécessaire de saluer les autres invités avant de partir,
mais les circonstances peuvent varier grandement. Dans le cas d’un
petit groupe, il est évident que votre départ sera remarqué,
il sera alors poli de saluer tout le monde, soit individuellement, soit
en s’adressant au groupe. Il est possible aussi qu’un départ
entraîne plusieurs autres départs. Les salutations de départ
peuvent parfois durer un certain temps chez les Français, il n’est
pas rare en effet qu’après les “au revoir” d’usage,
la conversation soit relancée à nouveau pour quinze ou
vingt minutes. L’idée de “partir” pour les Français
est plus un “projet” qu’une intention ferme et déterminée
que l’on exécute immédiatement. En bref, un départ
trop brusque sera considéré comme anormal et impoli.
Il
est poli d’envoyer un message de remerciement ou de téléphoner à vos
hôtes le lendemain de leur invitation, mais cet usage est beaucoup
moins répandu en France qu’en Allemagne ou dans les pays
anglo-saxons. Si vous avez fait des promesses à vos hôtes
ou à l’un des invités, tenez ces promesses, sauf
si vous avez réalisé que c’est le vin et non la raison
qui vous a fait parler !
|
|
|
|
Manières
de table |
Le
repas autour d’une table avec des convives est un temps où les
qualités de savoir-vivre et de politesse de chaque individu
sont largement testées. Les invités autour d’une
table mangent, mais se parlent aussi, s’observent, s’écoutent
sur une période qui peut souvent durer plus de deux heures.
C’est
généralement l’hôtesse qui place
ses invités à table, il faut donc attendre qu’elle
vous indique votre place. En général, si vous êtes
un homme, vous serez placé entre deux femmes, car la maîtresse
de maison souhaite alterner les convives de chaque sexe. Les hommes normalement
ont le devoir de s’occuper de leur voisine et de faire
la conversation avec elle.
La
serviette que l’on a trouvée placée sur son assiette
sera posée à moitié dépliée sur ses
genoux (pas autour du cou !), et les mains (pas les coudes !) seront
placées sur la table, de chaque côté des couverts.
On trouvera les couteaux et la cuillère pour le potage à droite
de l’assiette, alors que les fourchettes seront à gauche.
Il est fréquent que trois verres soient placés devant l’assiette
: le plus grand sera pour l’eau, le plus petit pour le vin blanc,
et le moyen pour le vin rouge. Le pain est placé dans une corbeille
non loin de soi, mais l’usage interdit d’en prendre un morceau
pour “grignoter” avant le premier plat (on peut le faire
au restaurant cependant). On ne boit pas avant d’avoir mangé et
c’est l’hôtesse qui invitera les convives à commencer.
Les
invités se servent généralement eux-mêmes
en se passant les plats. Les hommes se chargent de servir les femmes,
ainsi que de remplir leur verre. Si vous jugez que vous avez assez bu,
laissez votre verre plein, on ne vous en reversera plus ! Lorsque vous buvez,
n’oubliez pas de vous essuyer les lèvres avant, afin de
garder votre verre transparent durant tout le repas. Essuyez vos lèvres
aussi après, si possible en tenant votre serviette à deux
mains. Si l’hôtesse vous demande de vous resservir, il est
poli de refuser une première fois, pour ne pas avoir l’air
gourmand. Attendez qu’elle vous demande une nouvelle fois pour
accepter. En revanche, si vous n’aimez pas un plat, essayez d’en
manger un peu quand même, pour ne pas offenser vos hôtes.
Enfin, l’usage de laisser un petit quelque chose dans l’assiette
pour montrer qu’on n’est pas gourmand ou qu’on a assez
mangé n’est en fait guère pratiqué : les convives
ont plutôt le sentiment que ne pas finir son assiette risque d’offenser
les hôtes et surtout votre hôtesse, qui a passé du temps à choisir et à préparer les
plats.
Les
règles de savoir vivre à table sont nombreuses, ce
sont avant tout des interdits : on ne parle pas la bouche pleine,
on ferme la bouche en mangeant; on ne souffle pas sur le potage pour
le refroidir; on ne coupe pas sa salade avec son couteau, ni son omelette,
ni les pâtes. Les pommes de terre ne doivent pas être écrasées,
mais séparées avec le côté de la fourchette.
On “pousse” les morceaux de viande, les légumes sur
sa fourchette avec un morceau de pain, pas avec le couteau. On ne prend
jamais une arête de poisson avec ses doigts, on la dépose
du bout des lèvres sur la fourchette et on la place sur le côté de
l’assiette. Il est normalement impoli de “saucer” son
assiette avec du pain, mais la tentation est grande et tout le monde le fait discrètement ! On n’écrase
pas le fromage sur son pain, on le mange par morceaux. On ne coupe pas
le pain avec son couteau, on le “rompt” avec ses mains. Lorsqu’on
a fini,, on pose ses couverts (fourchette et couteau) sur
son assiette, sans les croiser, la pointe de la fourchette tournée
vers le bas. L’usage du cure-dents est rigoureusement interdit,
on n’en
trouve pas sur la table. Lorsque l’hôtesse en donne le signal,
les invités peuvent quitter la table, ils déposent alors
leur serviette (non pliée) près de leur assiette en se
levant.
|

disposition des couverts
|
Pétillon |
|
Galanterie |
La “galanterie française” est l’une des fiertés
nationales. Elle concerne essentiellement les relations entre hommes
et femmes. Ses origines sont anciennes, remontant aux usages courtois
du Moyen Age, par lesquels les chevaliers devaient honorer, servir et protéger
leur dame. La galanterie révèle ainsi un certain paradoxe
: alors que les femmes souffrent généralement d’un
statut inférieur dans la société civile, essentiellement
dominée par les hommes, elles jouissent toutefois dans la sphère
mondaine et parfois domestique d’une position haute, essentiellement
conventionnelle il est vrai.
Un
homme galant ouvrira la porte à une femme pour la laisser
passer devant lui. Cependant, s’il s’agit d’un endroit
public, comme un bar ou un casino par exemple, l’homme généralement
précédera la femme qui l’accompagne, peut-être
pour s’assurer que l’endroit est sûr ou convenable.
Dans
la rue, l’homme réserve le côté trottoir
(le « haut du pavé ») à une femme, afin de
la protéger des risques possibles pouvant venir du côté rue.
A
la gare, à l’aéroport, c’est l’homme
qui se charge des bagages lourds, il aidera à monter les valises
d’une femme, à les placer dans le compartiment d’un
train.
Dans
un escalier, un homme précède une femme en descendant,
pour la retenir au cas où elle tomberait. Il doit aussi la précéder
en montant : il ne pourra pas lui venir en aide si elle trébuche,
mais pour des raisons évidentes, il ne voudra pas embarrasser
une femme en la suivant.
Au
restaurant, un homme tirera légèrement le siège
pour inviter une femme à s’asseoir.
Les hommes doivent attendre que les femmes soient installées avant
de s’asseoir à leur tour.
Un
homme complimente sans affectation une femme sur sa manière
de s’habiller, sur son élégance : « Vous êtes
ravissante ce soir », « Cette couleur vous va parfaitement ».
Celle-ci le remerciera avec un sourire, en acceptant le compliment.
L’homme sert à boire à la femme qui l’accompagne,
lui offre les plats en premier, paie l’addition au restaurant.
Un
homme aidera une femme à enlever son manteau, où à le
remettre. Il la raccompagnera jusqu’à la porte, ou mieux,
jusqu’à chez elle. S’il la raccompagne en voiture,
il lui ouvrira la portière avant de monter lui-même. A l’arrivée,
il descend de la voiture en premier pour ouvrir la portière.
|
|

le
baisemain de Jacques Chirac à Laura Bush (ci-dessus) et à Angela Merkel (ci-dessous)

|
©2004-Denis C.
Meyer
home | French at HKU
|